PEFC France

PEFC, une gestion durable pour des
produits éco-responsables

A l’issue des grandes conventions environnementales des années 90, la filière forêt-bois-papier française, soutenue par des associations de protection de la nature, des consommateurs et les pouvoirs publics, s’est mobilisée pour donner naissance en 1999 à PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières).

source : pefc-france

Rencontre avec Stéphane Marchesi, secrétaire général de PEFC France

PEFC-Stephane-MarchesiPEFC fait son entrée parmi les partenaires de la Nuit du Livre®. On ne peut que se réjouir que ce label, qui garantit que le papier est fabriqué à partir de bois issus de forêts gérées durablement, soutienne notre manifestation. Devenue totalement incontournable à l’heure où près de 13 millions de forêts sont détruites dans le monde, la marque PEFC permet de rappeler quelques vérités dont celle qui nous concerne le plus : les livres ne détruisent pas la forêt.

Pourquoi avoir souhaité soutenir un prix lors de La Nuit du Livre® ?
Je suis heureux de mettre en place cette collaboration. Elle avait doucement commencé l’année dernière et prend forme cette année avec un prix, l’occasion de mettre en avant tous les acteurs qui s’engagent dans cette démarche de certification. Il existe beaucoup d’événements où nous pourrions participer, mais je tenais particulièrement à collaborer avec La Nuit du Livre®, car nous devons communiquer sur les idées reçues. PEFC n’est pas là pour faire la promotion du papier. Par contre, nous cherchons à expliquer qu’à partir du moment, qu’un imprimeur, un éditeur, un consommateur est amené à acheter du papier, il doit se préoccuper de sa provenance. Il doit être issu de forêts gérées durablement.

PEFC est là pour apporter cette garantie.Pouvez-vous nous résumer le travail qu’effectue PEFC ?
PEFC est une organisation associative internationale, créée en 1999, car les états n’étaient pas en capacité d’apporter une garantie crédible aux consommateurs sur la réglementation forestière. Nous étions six pays au départ et désormais une quarantaine à fonctionner avec cette certification qui gère une marque que l’on retrouve sur toutes sortes de produits en bois, des meubles jusqu’aux papiers. PEFC apporte la garantie aux consommateurs que le bois qui rentre dans la composition de ces produits provient de forêts gérées durablement et ne contribuent pas à la déforestation ou à l’exploitations illégales du bois. Les propriétaires de forêts qui font la démarche se sont engagés à renouveler leurs espaces, à protéger la biodiversité, à respecter le cahier des charges. L’association fixe les règles en matière de bonnes pratiques forestières que les propriétaires doivent respecter pour pouvoir ensuite vendre leurs bois avec la marque PEFC. Ils sont soumis à un contrôle par un organisme certificateur indépendant qui vérifie que le cahier des charges que nous avons élaboré est respecté. Cette certification est la garantie de la crédibilité de la démarche.

Pour obtenir un livre certifié PEFC il faut que chaque maillon industriel qui va transformer le produit à différentes étapes jusqu’au livre fini soit certifié lui-même par un organisme. S’il existe une rupture dans cette chaîne, si un des maillons n’est pas certifié, le produit ne sera pas certifié.

Quels sont les adhérents de PEFC ?
C’est une association Loi 1901 qui regroupe une vingtaine de membres, notamment des syndicats qui défendent une catégorie d’intérêts comme la Fédération des propriétaires forestiers, la Fédération des communes forestières, l’Union Nationales des Industries de l’Impression et de la Communication, la Fédération des producteurs de pâte à papier et des ONG comme France Nature Environnement. Tous se retrouvent et définissent ensemble le cahier des charges qui va permette de certifier les propriétaires. Cette démarche est très novatrice car des ONG, des industriels à travers leurs fédérations et des représentants des propriétaires privés et publics arrivent à trouver un consensus sur les bonnes pratiques que les propriétaires forestiers doivent respecter. Ce cahier des charges est révisé tous les 5 ans en tenant compte des exigences environnementales, sociales et du contexte scientifique, économique, climatique…

En France, un peu plus de 60 000 propriétaires forestiers publics et privés sont certifiés, ce qui représente 60 % de la production française de bois et plus de 3 000 entreprises de la filière.

Les consommateurs sont-ils sensibles à ce label ?
De plus en plus. Désormais, il n’y a pas une enseigne de distribution spécialisée dans le bois qui ne vise à prendre des produits certifiés. Selon une étude de l’ADEME, 30 % des consommateurs français connaissent notre label et l’associe à une démarche qui protège la forêt. Nous sommes heureux de ces 30 % mais nous ne sommes qu’à 30 % ! Ils nous restent encore du travail pour améliorer notre notoriété.

Même si elle est en diminution, la fausse idée « Le Livre détruit la forêt » est encore présente dans l’esprit de certaines personnes, que vous pourriez répondre à cela ?
Cela est sans doute vrai, malheureusement, dans certains pays, mais ni en France, ni en Europe. Les quelques usines qui produisent du papier en Europe le font à partir de bois d’éclaircies. Une forêt a besoin d’être coupée pour se régénérer. Il faut régulièrement abattre un certain nombres d’arbres, tous les 10 ou 15 ans, pour laisser les gros arbres pousser. Tout ce travail d‘élagages et d’éclaircies sert à faire du papier. Une fois les arbres mûrs coupés pour faire des meubles ou de la charpente, il reste également du petit bois qui sert aussi à faire du papier.

PEFC_mg_9174_logEn France ou eu Europe, le papier vient d’une utilisation secondaire de la forêt, c’est une très bonne chose. Après ce n’est pas le cas partout dans le monde et les consommateurs européens n’ont pas toujours, loin s’en faut, du papier qui provient de fibres de bois européennes. Aussi, nous avons des actions au Brésil, en Malaisie, en Indonésie où il y a encore des progrès à réaliser. C’est la valeur ajoutée de la démarche.
Une forêt est un lieu de production de bois. C’est également une ressource en eau, des sols, une diversité biologique à protéger, et dans le même temps un lieu de récréation, de chasse, de loisirs. La forêt doit produire du bois, préserver l’environnement, assurer ses fonctions sociales et cela de manière combinée. Mais les promeneurs, dont beaucoup ont une mentalité plutôt urbaine, ne veulent pas de chantiers d’exploitation, ne comprennent pas pourquoi on coupe les arbres… il y a un travail de pédagogie à faire : une forêt se cultive mais c’est très difficile à faire comprendre à des citoyens. Le degré de méconnaissance de la vie de la forêt est très important. 450 000 personnes travaillent dans ce secteur, plus que l’automobile ! Et ces emplois ne peuvent pas évidemment être délocalisables, elle fait vivre les territoires.

Comment distinguer un livre qui utilise les bonnes pratiques?
Nous souhaitons récompenser un ouvrage qui aura été le plus vertueux sur le plan de l’origine des matériaux entrant dans sa composition. Nous allons sélectionner et récompenser un livre qui sera passé entre des mains différentes – le papetier, l’imprimeur, l’éditeur – mais toutes engagées dans une certification garantissant
que le papier est issu de forêts gérées durablement. Je ne me sens pas légitime pour apprécier les autres critères environnementaux, aussi nous resterons sur la gestion forestière durable ; il y a d’autres impacts environnementaux, mais le principal reste la pression sur la ressource forestière.

Si la filière se mobilise sur ce sujet, nous serons satisfaits. Le prix sera une excellente vitrine. Il n’y a pas d’enjeux financiers, seulement des ressorts de responsabilités et d’engagements pour prendre soin de la planète. Quant aux détails du prix, nous n’en sommes qu’au début de sa mise en place !